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Interview avec Endellynn, auteure aux Editions Persée

1) Pouvez-vous vous présenter ?


Je suis passionnée par les livres depuis toujours. Enfant je lisais énormément et dans ma jeunesse j’ai découvert la science-fiction et la fantasy, dont j’ai dévoré des dizaines d’auteurs au début des années 90. Les livres et les mots sont mon univers premier, j’ai écrit énormément de poèmes avant de commencer la prose. C’est d’ailleurs après l’écriture d’un recueil que j’ai intitulé Malencombre que j’ai basculé sur l’écriture de ce roman où j’ai repris le personnage de Mervyn, le génie de la forêt de Malencombre. Mais j’aime aussi chanter, composer, jouer de la guitare. J’ai fait partie d’un groupe de punk rock amateur entre 1997 et début des années 2000, pris des cours de chant pendant 7 ans… Je ne conçois pas ma vie sans l’écriture et la création artistique.

2) Comment est née l’idée de Ywandallyn, la Quête de Rünllor ?


Vaste question ! Cela s’est dessiné progressivement dans mon esprit, j’ai eu en parallèle l’idée du héros, le jeune Rowyn, de sa marque de naissance particulière, ainsi que des 24 Mog, dans un univers fantastique de type médiéval. Je fonctionne par petites touches, une idée que je développe sous forme de notes puis une autre, encore une autre et ensuite je vois comment les lier entre elles, créer une cohérence. Très vite j’ai éprouvé le besoin d’inventer la géographie et les territoires constituant la toile de fond de cette histoire. J’ai dessiné les cartes, les ai affinées et enrichies, cela m’a permis de visualiser les parcours, donner un contexte à cette quête…

3) Les Royaumes Lointains semblent posséder une histoire, une mythologie et des peuples très riches. Par quoi avez-vous commencé pour construire cet univers ?


J’ai commencé par la fédération des trois royaumes au temps où se déroule l’action. Je me suis concentrée sur les Royaumes Lointains pour le tome 1. Mais je savais que cette aventure résonnait avec quelque chose de bien plus ancien, qu’il fallait également expliciter. La mythologie s’est peu à peu dessinée avec la sélection des changements survenus, tant pour les territoires que les peuples qui avaient évolué ou disparu. Je me suis bien sûr inspirée des mythologies nordiques et celtiques, principalement, ainsi que de l’univers moderne de la fantasy, depuis le Seigneur des Anneaux de Tolkien, immense référence. Mais j’ai également ajouté quelques peuples spécifiques à Ywandallyn, comme les Kinndré, les Troïs (peuple disparu) et d’autres encore.

4) Les noms, comme Kinndré, Lingoliôn, FinRawg ou Rünllor, donnent une identité très forte à votre monde. Comment les inventez-vous ?


J’ai beaucoup lu sur l’histoire médiévale des pays celtiques, comme le Pays de Galle, l’Irlande, et j’aime les consonnances de ces langues, leur côté mélodieux, rauque et doux à la fois. Elles éveillent en moi une sorte de nostalgie merveilleuse. J’ai eu besoin de créer des noms de personnages et de lieux d’abord, de les rendre harmonieux entre eux, par exemple un nom de lieu est forgé à partir de noms communs comme « rivière dorée » ou « bois des délices ». Donc j’ai créé les vocables correspondants, la grammaire, la conjugaison, des préfixes et des suffixes, bref, une structure pour le langage commun aux peuples d’Ywandallyn. Le glossaire et les notes dans le roman ne sont qu’une infime partie du fichier de base de la langue, le Lludiô.

5) Au-delà de l’aventure, quels sont les grands thèmes que vous souhaitiez explorer à travers ce premier tome ?


En premier lieu, et qui sous-tendra toute la trilogie, il y a la question de l’identité, la quête de soi et des origines, ici incarnée par Rowyn. Mais cela peut parler à tout le monde, dès lors que l’on se sent différent des autres, sans comprendre pourquoi, le fait de trouver sa place. Phase assez imparable de l’adolescence. Mais cette introspection dépasse grandement les questionnements d’un ado.
Ensuite il y a bien sûr le thème de la sauvegarde de la planète qui transparaît notamment à l’évocation du contexte du Grand Cataclysme et des destructions engendrées par l’Ennemi. Le retour de l’Ennemi au moment des 15 ans de Rowyn, et qu’il faut à tout prix combattre pour sauver Ywandallyn.
Enfin, une troisième thématique emblématique est celle de l’existence et de la nature des dieux, dans le roman, qui renvoient à la mystique traversant les millénaires jusqu’à aujourd’hui : existons-nous du fait d’une évolution biologique sur des millions d’années ? y a-t-il eu une intervention divine originelle ? quelle est la place de l’humain dans l’univers ?

6) Comment se déroule votre processus d’écriture ?


Comme je le disais plus haut, je pars d’une idée que je développe sous forme de notes, des mots que je jette dans un carnet, des bribes de sujets que je reprends ensuite pour créer une cohérence. J’instaure ensuite un calendrier, un découpage en chapitres, des thématiques à explorer autour de tel et tel personnage, et je vois s’il faut créer d’autres personnages. Et puis, quand je sens l’impulsion, j’écris, toujours au stylo mine. Quand j’ai écrit une vingtaine de pages, je les saisis à l’ordinateur et procède à une première retouche. Et ainsi de suite. Il me faut toujours un carnet et un stylo mine sous la main !

7) Quel personnage avez-vous pris le plus de plaisir à écrire ?


Rowyn est le personnage central, son vécu, sa personnalité, sont très intéressants à développer et approfondir. Un autre personnage que j’aime particulièrement creuser et mettre en scène est Syllinfÿl ; capitaine Borodandil et Vestale… Mais il y a un peu de moi dans chaque personnage et/ou de personnes que j’ai croisées dans ma vie, des situations que je transpose de mon vécu selon les circonstances de l’action.

8) Quel message souhaitez-vous transmettre à travers votre ouvrage ?


Oh j’ai de nombreux messages à transmettre !
Si je devais en dégager un en particulier, ce serait un message de respect et d’amour pour le vivant avec un grand V. Tout ce qui vit tient du miracle, notre planète est une pure merveille, aujourd’hui tellement en danger du fait des outrances de l’humanité… Tous les êtres sont dignes de vivre et dignes d’être respectés pour ce qu’ils sont, leur vie est importante tant pour l’équilibre de l’univers que pour le bien-être de tous. Et rien n’est jamais perdu pour les êtres de bonne volonté.

9) Pour finir, que pouvez-vous nous dire de la suite de l’aventure ?


Dans la suite de la quête, Rowyn continue de découvrir peu à peu les mystères de son origine et les implications de sa mission. De nouvelles contrées et de nouveaux peuples entrent en scène, d’autres compagnons prennent part à l’aventure qui s’avèrera de plus en plus tumultueuse au fur et à mesure que l’Ennemi conquerra davantage de territoires. Des combats, des trahisons, des mystères, des vengeances seront à surmonter, voire transcender, car la Quête de Rünllor est aussi d’ordre philosophique.